Les choses qui m’énervent depuis que je suis rentrée à Lomé

Ça fait environ 3 mois que je suis à Lomé et si je me suis donnée comme mot d’ordre de ne pas me plaindre, de me concentrer sur le fait de ne trouver que des solutions aux problèmes qui surviendront et de faire le max pour ne voir que le bien autour de moi, à un moment, il y a des choses qui, finissent par faire chier parce que arrrrgh, ce n’est pas normal.

La première chose, ce sont les coupures intempestives de courant. J’avoue que j’ai pris mes dispositions pour ne pas en être affectée mais hier c’était le pompom sur la Garonne. L’électricité a été coupée aux alentours de 14h et n’est revenu qu’aux alentours de 1h du matin. 1h du matin!!! La moitié d’une journée en fait!!! Comment les gens font pour travailler sans électricité pendant autant d’heures? Perso, je ne suis pas affectée comme je disais parce que j’ai un groupe électrogène à la maison, mais the fuck en vrai.

La deuxième chose, c’est l’absence de lumière sur les routes. Les coupures d’électricité c’est quelque chose, mais l’absence d’éclairage sur la route est un degré au dessus. Et le pire c’est que c’est même les artères principales de la ville ne sont pas éclairées, même quand il n’y a pas de délestage. On se croirait au moyen-âge en fait.

Comme je me suis donnée comme mot d’ordre de toujours trouver une solution avant de venir, j’ai pris un chauffeur exprès pour ne pas conduire dans ce genre de conditions mais à un moment, pète le crâne. Le pays est riquiqui, la ville ne fait même pas la taille d’une vraie métropole et les recettes d’une journée du port serviraient largement à remplacer tous les lampadaires de la ville et à mettre tout ça sur l’énergie solaire, mais ohooooo. Je parle des recettes du port parce que j’ai dédouané ma voiture et ça a couté arrrrgh (vive la vie d’adulte ) et quand tu fais l’analyse, tu te demandes « mais l’argent là va où en fait »… mais I guess we’ll never know.

La troisième chose c’est l’incompétence notoire à tous les niveaux. Je vous donne une des mes expériences les plus banales. Je suis passée par une agence de placement pour recruter du personnel de maison. Je paie pour être aidée dans mes tâches quotidiennes, mais j’ai l’impression que c’est moi qui travaille pour eux. Il faut tout leur apprendre. J’ai été obligée de prendre des journées entières pour former mon personnel aux bases mais basiques de la vie : l’hygiène, le savoir vivre, la ponctualité…. Aaaaaaaargh! Je pourrais remplir des pages avec ce sujet. Et quand j’en parle avec mes ami(e)s, c’est le même scénario partout. Et on n’est pas les pires payeurs de cette ville. Loin de là. Arrrgh.

Comme dirait quelqu’un que je connais, « que tu le reconnaisses ou pas, que tu l’acceptes ou pas, c’est ce qui arrive quand on vient d’un pays très pauvre et très endetté. » Ahemmmm…

Bon, c’était le ras le bol du délestage d’hier et le fait d’avoir eu un mal de crâne atroce à cause du bruit des groupes électrogènes qui inondent la rue dans laquelle j’habite et de l’odeur de l’essence. En espérant qu’aujourd’hui, tout le monde me foute la paix et qu’ils ne coupent pas le courant. En parlant de courant, mieux je ne parle pas des prix indécents qui se pratiquent ici.

Allez, je vais aller faire ma séance de yoga et de méditation. Ça va me faire du bien. Dieu merci pour le yoga et la méditation. Et la mer, et les ami(e)s, et la famille et le ayimolou qui rendent tout ça un peu plus supportable.

Je suis rentrée et j’ai tout fait pour ne pas être affectée par les incohérences de ce pays mais dès que tu mets le pied dehors, les incohérences sont là. Comme les trous sur les routes. Avec mes amis j’ai remarqué qu’on a tous les mêmes réflexes. Pour éviter les trous, on prend toujours les chemins les plus longs parce qu’on veut rouler sur des routes potables. Arrrgh!!! Et même les endroits où les trous ne sont pas sensés être là, il y a des trous. Arrrrgh.

Le pire c’est que le pays est très petit, qu’il ne faudrait pas grand chose pour le transformer en havre de paix parce que de base les habitants sont des travailleurs, qu’ils ne sont ni farouches ni belliqueux, qu’ils sont encore optimistes et croient en leur pays (qu’ils soient sur place ou qu’ils rentrent après des années à l’étranger comme moi)… mais une fois encore, je donne ma langue au chat et remets tout ça comme tout le monde entre les mains du tout puissant parce que ahemmmm.

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