Alors, ça se passe bien le surf?

Bah oui, ça se passe bien. Ça se passe même très bien. Voir mieux que ce que j’imaginais.*

Au début, quand le moniteur m’a répondu « vas-y au feeling » lorsque je lui ai demandé comment diriger ma planche lorsque je suis debout, j’ai cru qu’il se foutait de moi. Sauf qu’aujourd’hui, je suis du même avis que lui.

Le surf, c’est un sport de sensations. On le sent ou on ne le sent pas. On est prêt-e ou on ne l’est pas. Il y a tout un tas de paramètres à prendre en compte et les sensations y jouent un gros rôle.

Je me sens tellement bien une fois que je suis dans l’eau, que même lorsque je suis entourée d’autres surfeurs et surfeuses, il n’y a que la mer et moi dans l’absolu.

Le surf t’apprend à écouter tes sensations et à te fier à elles. A partir du moment où je tente de rationaliser mes gestes, plus rien ne va. Il faut clairement y aller au feeling.

Il faut avoir confiance en soi pour faire du surf, parce que lorsqu’on doute, on n’a aucune chance de surfer les vagues.

C’est aussi très physique, parce qu’on passe plus de temps à ramer et à tomber qu’à glisser sur les vagues. Mon ratio en ce moment est de 2 glisses pour 30 chutes. Et quand tu tombes, et que les vagues te ramènent au bord, il faut retourner au line-up et chercher à attraper une nouvelle vague. Encore et encore.

Quand je rentre du surf et que mon mari me demande comment ça s’est passé, je lui réponds : « plus de chutes que de surf« .

Cela peut sembler contradictoire mais les jours où je suis le plus tombée sont les jours où je progresse. Le surf vous apprend à être patient, à ne pas craindre d’être ridicule et à être bienveillant-e envers vous-même.

Au début, j’hésitais à prendre les vagues par peur de tomber. Aujourd’hui ne pas tomber est le signe que je suis allée m’allonger sur ma planche en mode chill et que je n’ai rien foutu. Ce qui est bien aussi en passant.

Au surf, les chutes ne sont pas juste des chutes. Lorsque tu tombes, les vagues te malmènent et te font tourner dans tous les sens. Ça s’appelle se faire lessiver. C’est trop marrant.

Je ne trouvais pas ça marrant au début, mais maintenant, je suis prise d’un fou rire à chaque fois que ça m’arrive, même si j’ai droit à plusieurs lavages des sinus gracieusement offerts par dame nature à force d’être sous l’eau. Et je ne vous parle même pas des litres d’eau salée que j’ai avalé au cours de ces 6 derniers mois.

Apparemment c’est bon pour la santé alors on s’en fout.

Quand je vais au surf, je me débarrasse de mon cerveau d’adulte parce qu’il ne me sert à rien, à part m’empêcher de kiffer le moment. Et c’est ce que je fais et ce que je ressens quand je surfe : je kiffe ma life de fou.

En passant, je m’entraine une fois par semaine au club de surf de l’île et je suis entourée d’enfants ou d’ados. Je pense que la moyenne d’âge de mon groupe de surf est de 12 ans. Et c’est génial.

Au début, ils pensaient que j’étais une ado. Quand je leur ai dit mon âge ils étaient choqués, mais c’est vite passé.

Vous les verrez. Ils sont sympas comme tout, n’ont pas d’appréhension et souvent, quand je montre des signes de fatigue, ils m’encouragent à continuer.

J’adore leur enthousiasme. Il est contagieux.

L’année prochaine, je vais inscrire Georges au surf. Comme ça on ira s‘éclater tous les deux.

Contrairement à ce qu’on peut croire, ce sont les bras qui font le plus gros du boulot au surf. On passe plus de 80% de la session à ramer. Et pour se lever, on a besoin de s’appuyer sur les mains. Sauf que quand les muscles de mes bras n’en peuvent plus, impossible de prendre la moindre vague.

C’est pour ça aussi qu’il faut être en bonne forme physique. Avec l’été et ses grosses bouffes, j’ai pris 7 kilos. Même si c’est la première fois que je grossis et que j’apprécie mon corps comme ça, lorsque je dois faire un take-off, je les sens, mes kilos en plus. J’ai du acheter une combi plus grande parce que je me sentais à l’étroit dans celle que j’avais au début.

Mon corps me dit « meuf, fais quelque chose » mais bon, en ce moment, je m’en fous. L’été est toujours là et je ne vais pas me priver. Le froid arrive bientôt et naturellement je vais me remettre à apprécier mes bols de soupe. Et mes kilos en plus ne seront qu’un beau souvenir d’été.

Enfin bref, de toutes façons, ça ne m’empêche pas d’aller surfer et d’utiliser l’excuse d’avoir brulé des calories pour manger un mug cake au chocolat avec une ou deux boules de glace à la vanille.

Oh la la, le froid. Je l’avais oublié celui là. Bah, je vais pouvoir ressortir ma cagoule, mes gants et mes chaussons. Et comme dirait Georges-Alexandre, « ça va être trop stylé ».

Quoique, ça me donne une idée. Je prévois d’aller à Lomé cet hiver, enfin si on n’arrive pas à se mettre d’accord sur une destination mon mari et moi ; et ce serait pas mal de prendre ma planche avec moi.

Tiens, tiens, ça pourrait être une bonne idée ça…

Whoa! I feel good, I knew that I would, now, I feeeeeeeeeel good…..

*article écrit d’une traite et sans relecture après être rentrée d’une session de surf où même si je me suis écorchée les mains, était trop bien.

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