5 habitudes à prendre si on veut vivre à Lomé sans péter un plomb

« Hmmm, ce n’est pas toi, c’est moi. » La tête que je fais quand les gens me saoulent. Lomé, 7 janvier 2021

Ce n’est pas parce que je fais du yoga que je suis zen et détendue dans toutes les situations. Il y a certaines choses qui me montent à la tête et peuvent me mettre hors de moi. Je suis une cocotte-minute en vrai. Haha. C’est pour ça que je fais du yoga. CQFD.

La preuve, dernièrement lorsque j’étais à Lomé, je m’attendais à me retrouver en face de deux-trois comportements qui me saoulaient déjà lorsque j’y habitais.

Je me suis  préparée mentalement à faire avec, mais je vous avoue que j’ai bien eu du mal le premier mois. Ce n’est que vers la fin de mon séjour que je me suis ré-adaptée aux réalités. 

En gros, voici mes conseils si tu décides d’aller vivre à Lomé ou d’y effectuer un long séjour, et que tu ne veux pas péter un plomb au bout de deux semaines sur place.

1- La ponctualité des gens, tu oublieras

Sérieusement, oublie.

La façon dont ton temps t’es précieux ne regarde que toi. Les gens ne seront jamais à l’heure, sauf lorsqu’ils veulent que tu leur rendes un service ou qu’ils ont besoin de toi en général. 

Dans le cas contraire, soit flexible sur tes horaires et ton emploi du temps.

Les premières semaines après mon arrivée à Lomé, je pétais un câble à chaque fois que j’avais un rendez-vous à une heure précise et que je devais attendre pendant une demi-heure au moins avant que l’autre ne débarque.

Ça me rendait, mais complètement folle, et ma sœur me regardait like « t’es sérieuse? T’es à Lomé meuf. Faut perdre tes habitudes de ponctualité. »

Le pire c’est que la plupart des gens ne prennent même pas la peine de t’envoyer un message ou un court appel pour te prévenir de leur retard.

Mais au bout du premier mois, j’ai décidé de faire comme tout le monde. Je suis rentrée dans le mood et lorsque par exemple, je disais que je serais là à 10h, je me pointais avec 30 minutes à 2 heures de retard tranquille, comme si de rien n’était. And life goes on. Léger.

2- Aux imbéciles, par le silence tu répondras

Je ne sais même pas comment développer cette partie. Les imbéciles, il y en a partout. Et j’en suis une aussi de temps en temps. 🙂

Mais à Lomé, damn, attendez vous à ce que quelqu’un se réveille et décide de gâcher votre journée.

J’ai tellement d’exemples de situations dans lesquelles je me suis retrouvée, où je suis restée dépassée par autant de « nonsense ».

Par exemple, il y a ce jour où j’étais allée faire les courses au Ramco d’Assigamé. En partant, le gardien du parking s’approche de la voiture et me demande de « lui faire quelque chose ».

Comprenez de lui donner de l’argent. C’est une pratique courante ici. Que certains vigiles, des policiers ou des agents administratifs te demandent si tu croises leur route de « leur faire quelque chose ».

Je suis habituée à donner des pièces aux gardiens de parking, mais ce jour là je n’avais pas de pièces sur moi. Donc je lui dis tout gentiment que je n’avais pas de pièces sur moi, et que la prochaine fois que je viendrai, surement.

Et là, le bougre me sort « si vous saviez que vous n’avez pas de pièces, vous auriez pu en passant devant moi me le dire, et ne pas me laisser venir jusqu’à votre voiture pour que vous me dites que vous n’avez pas de pièces. »

J’ai buggé deux secondes en entendant sa réponse avant de me dire « what the fuck is going on here », puis sans répondre, j’ai relevé ma vitre et je me suis cassée. Fuck!

En vrai, il n’avait rien fait de spécial pour moi qui méritait que je lui donne de l’argent. Il ne m’avait ni aidé à me garer, ni dit bonjour lorsque je suis arrivée. Et le supermarché doit surement le payer pour son boulot.

Bref. Lorsque vous vous retrouvez dans ce genre de situation, ne réagissez pas, ne répondez pas, cassez-vous.

Pour le cas particulier des policiers, si vous connaissez et êtes dans vos droits, et qu’ils vous demandent de « leur payer un cocktail de fruits » (leur donner de l’argent), c’est vous qui voyez, mais vous n’êtes absolument pas obligés.

3- Le contact visuel avec les mendiants tu éviteras

Les mendiants qui se collent à tes vitres aux feux rouges, et qui te regardent avec des yeux tristes, gosh, c’est triste et énervant à la fois.

Dès que ton regard croise le leur, t’es foutue. C’est tellement triste que tu leur donnes des pièces mais il ne faut pas se tromper. Ce n’est pas en leur donnant quelques que tu vas changer leur situation. C’est même les encourager à continuer.

L’idée, c’est de ne pas faire attention à eux. Ils toquent, tu ne tournes pas la tête et tu gardes ton regard focus sur la route. Ils passeront à une autre voiture.

Dis comme ça, ça fait sans cœur. Mais vous avez vu les roms qui mendient dans les rues de Paris, bah c’est pareil.

4- Vigilant(e) sur la route, tu seras

La plupart des filles avec lesquelles j’ai discuté de conduite à Lomé me disent qu’elles n’ont pas le courage d’y conduire. Et ça se comprend.

Entre les camions surchargés au point de pencher sur le côté, les conducteurs de motos qui zigzaguent sur la route, ceux qui n’ont pas de rétroviseurs, ceux qui ne mettent pas leur clignotant pour tourner et les conducteurs de taxi qui conduisent comme des fous, il faut faire preuve d’une vigilance accrue sur les route de Lomé.

Perso, je n’ai jamais eu peur de conduire à Lomé. Mais ça peut faire bizarre quand on a passé des années à conduire dans un pays où le code de la route est respectée.

A Lomé, la route, c’est la jungle.

Je me rappelle qu’au début, il y avait certains feux rouges où j’étais la seule à m’arrêter. J’ai fini par me sentir conne à force de me faire doubler et insulter à chaque fois.

Du coup, j’ai fini par faire comme tout le monde. Mais je ne vous conseille pas de faire ça systématiquement. Parce que si un policier est dans les parages, vous êtes foutus. Lol. 

Si vous n’avez pas le mental pour et que vous voulez être tranquille, prenez un chauffeur.

5- De ne pas te faire prendre pour un pigeon, tu t’assureras

Il faut se dire qu’ici, en général, les prix se font à la tête du client. Le marchandage est tellement ancré dans les habitudes que des fois ça en devient saoulant.

Mais il faut y passer.

Que ce soit lorsque vous allez faire vos courses au marché ou dans le monde des affaires, il y a toujours ces personnes qui vont vouloir vous prendre pour des cons et se faire de l’argent sur votre tête. Surtout si vous avez la tête d’une personne gentille ou de quelqu’un qui n’habite pas sur place.

Parlez mina systématiquement lorsque vous allez au marché. Et lorsqu’on vous donne un prix qui vous semble indécent, barrez-vous et allez chez le(la) marchand(e) suivant(e).

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On ne va pas parler de comment ne pas calculer les gens à la mentalité étriquée, parce que ça c’est tout un autre sujet. Mais une fois que vous aurez intégré ces 5 principes, vous aurez moins de migraines à vivre et à naviguer dans Lomé. Parce qu’entre nous, Lomé est une ville géniale et ces quelques dysfonctionnements ne changent rien à son charme. Et j’ai hâte d’y retourner.

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