Pourquoi je ne sacrifierai pas ma vie pour un enfant

La pire phrase que j’ai entendu de parents c’est le fameux : « j’ai sacrifié ma vie pour toi« .

Oh, stop. Quand est-ce que moi, enfant, je t’ai demandé de sacrifier ta vie pour moi? 

Je ne sais pas si les parents se rendent compte de l’impact de cette phrase sur leurs enfants? C’est quoi le but? Les faire se sentir coupable d’être la cause des problèmes de leurs parents?

D’abord il faut se mettre en tête qu’un enfant n’a pas demandé à venir au monde, c’est vous qui l’avez ramené dans ce monde. Si vous n’imprimez pas cet aspect dans votre cerveau dès le départ, vous êtes dans de beaux draps. Les parents ont donc le devoir de protéger leurs enfants, de les nourrir, de les éduquer et de faire tout leur possible pour leur assurer une bonne vie parce que les enfants n’ont rien demandé.  

En prenant la décision de faire un enfant, on s’engage à rencontrer des difficultés et à les assumer. Sinon on en fait pas. Point.

Le jour où j’ai entendu cette phrase, je me suis promis de ne jamais sacrifier ma vie pour mes enfants. Du moins dans le sens où le mot « sacrifice » était exprimé. Pourtant je suis la première à ne jamais dire jamais. Mais là, c’est vraiment jamais.

En parlant de sacrifier sa vie, il faut comprendre sacrifier ses rêves, ses espoirs, ses projets, ses ambitions. Ca peut paraitre rude dit comme ça mais en venant au monde aucun enfant ne nous demande pas de sacrifier notre vie pour lui. Au pire juste notre corps. Hahaha.

Et encore, le corps ça se retrouve. A coups de sport ou à coups de bistouri. Mais les rêves, plus on laisse le temps passer, plus ils nous échappent. Et plus ils s’échappent, plus on devient frustrés et aigris. 

Un enfant, ça grandit hyper vite. Vous vous privez pour lui, mettez vos rêves dans un carton pour lui et donnez tout ce que vous avez pour lui et un jour, il s’en va vivre les siens et vous transposez toute votre frustration, vos regrets et vos échecs sur lui. 

Personnellement, j’ai toujours fait en sorte de ne pas accuser les autres d’un malheur ou d’un choix que j’ai fait. Par exemple quand j’ai raté mon premier Bac, j’ai mis la faute sur l’absence de mon père. C’était facile. Bah oui. Mais quelques années plus tard, en y repensant, j’ai raté cet examen parce que je n’ai pas bossé pour l’avoir. Au lieu de ça, j’ai binge watché les deux premières saisons de Desperate Housewives alors que j’étais en plein examen. La preuve l’année qui a suivi, je l’ai eu mon Bac. 

Tout ce que je fais et tous mes résultats découlent de mes actes et non de ceux des autres. Pareil avec les enfants. Un enfant n’est pas la cause de votre échec ou de votre situation, vous et seulement vous en êtes la cause. Point. 

Si aujourd’hui je traine toujours à écrire mon mémoire par exemple, c’est entièrement de ma faute. Mon fils ne m’empêche en rien de m’occuper ou de faire les choses que j’ai envie de faire. La preuve, j’écris cet article et je m’occupe de mon blog en trouvant le moyen d’aller faire mes shootings, d’écrire et de garder mes réseaux sociaux actifs entre autre. Si demain je veux commencer la rédaction de mon mémoire, ce n’est pas mon fils qui m’en empêchera. Pareil si j’ai envie de créer mon entreprise ou de voyager.  

Pour ma part, je n’ai pas envie de transposer mes frustrations sur lui. C’est trop dur à supporter pour un enfant. Aucun parent ne devraient sortir ce mot « sacrifice » à son enfant. Il s’en occupe. Point. 

Je n’ai pas envie de sacrifier mon bonheur pour un enfant. Je n’ai pas envie de vivre mes rêves au travers d’un enfant. Comme les parents qui veulent que leurs enfants deviennent comptables par exemple parce qu’ils ont raté cela eux même.  Je veux vivre les miens. Et je suis sure que mon fils comprendra, peut-être pas tout de suite mais dans 20 ans, que je ne sois pas là tous les jours pour m’occuper de lui ou que j’aie besoin de temps ou d’espace pour moi aussi pour vivre ma vie. Vivre ma vie n’enlèvera en rien l’amour incommensurable que je lui porte. 

Alors si vous avez envie de reprendre le chemin de l’école, de créer votre entreprise, de faire ce tour du monde, et ce ne sont que des exemples parmi tant d’autres, svp ne sacrifiez pas ces envies pour votre enfant. Il ne vous l’a pas demandé.

Le pire ce sont ces gens qui te disent : « rhooo t’as un enfant, il est encore bébé et tu veux t’engager dans tel ou tel projet? » Perso j’ai envie de les gifler ces gens. Depuis quand être mère est-il synonyme d’inertie et de résignation? On est en 2017 putain! 

En devenant parents, c’est un grand chamboulement qui s’opèrent dans nos vies certes. Il faut tout revoir. Se réorganiser. Et souvent le rôle le moins intéressant revient à la femme qui est obligée par la société de rester à la maison et d’élever son enfant. Mais rien n’empêche une femme d’être une bonne mère et de poursuivre ses rêves. D’ailleurs il y a des femmes qui le font brillamment et leurs enfants ne sont pas plus malheureux que d’autres. Au contraire. Etre une femme épanouie, c’est le meilleur cadeau que vous puissiez faire à vos enfants. 

Embarquez même votre enfant dans la poursuite de vos rêves s’il le faut. De toutes façon vous n’aurez pas trop le choix. Ce sera tout bénéf pour vous et pour lui. Et dans 20 ans, il sera fier de vous et vous fière de lui avoir montré le bon exemple. Mais surtout, vous serez fière de vous  et de tout ce que vous avez accompli. 

Et puis, la « bonne mère » n’existe pas. Hahaha. De toutes les façons, à un moment, les enfants auront toujours un truc à nous reprocher quelque soit toute l’énergie et tout l’amour qu’on leur donne. Je suis l’enfant de quelqu’un. Je sais de quoi je parle. Ils vous reprocheront d’en avoir fait trop ou pas assez alors autant écouter votre coeur. 

Des bisous.