10 leçons que mon potager m’a appris

Trysha Gaba - 10 leçons que mon potager m’a appris

1- Il faut toujours faire de son mieux.

Il est impossible de menacer une plante de quoique ce soit si elle ne pousse pas ou ne donne pas de fruits. Elle s’en fout de tes états d’âme.

Du coup, lorsque tu sèmes une graine, tu espères qu’elle pousse. Mais ce n’est pas aussi facile. Car, pour ça, il faut la mettre dans les meilleures conditions, c’est à dire faire attention à la période où tu sèmes, attention à l’arrosage, attention à l’exposition au soleil, etc etc.

Si elle pousse, tu continues d’en prendre soin jusqu’à ce qu’elle ne soit prête à être mise en terre. Toutefois, aucun risque n’est écarté. Elle peut ne pas aimer le sol et crever.

Si elle ne crève pas, tu continues de la couvrir des soins nécessaires (l’arroser, désherber autour, etc) jusqu’à ce qu’elle ne donne des fruits. Pourtant, même à ce stade, tout l’effort fourni n’est pas une garantie qu’elle donnera des fruits. Mais, mais, il y a tout de même la probabilité que les efforts payent.

Donc la leçon ici c’est qu’on ne maîtrise pas tous les paramètres ds la plus part des situations de la vie. Mais si on fait de notre mieux, qu’on fait ce qu’on a à faire, il y a des chances que nos efforts portent des fruits.

Et si ce n’est pas le cas, il n’y a pas mort d’homme. On cherche à savoir ce qui n’a pas marché et on rectifie le coup la prochaine fois. Anyway, la vie continue.

2- L’importance de la persévérance.

Ce n’est pas parce que tu n’as pas réussi à avoir des résultats la première fois, ni la 2e, ni la 3e qu’il ne faut pas continuer d’essayer. En vrai, à part quelques graines, on a rien à perdre au fond.

L’année où j’ai fait mon premier potager, j’ai semé des haricots verts. Les plants ont poussé mais je n’ai pas eu un seul haricot vert cette année.

L’année dernière, j’ai retenté l’essai et là, j’en ai tellement eu que vers la fin, on en avait marre de les cueillir. On en a tellement eu qu’il a fallu les mettre en conserves.

Cette année, j’ai fait ma première récolte de haricots verts il y a quelques jours et là, c’est reparti comme l’année dernière.

Vous imaginez donc qu’il aurait été dommage que je m’arrête à la première tentative infructueuse.

C’est pareil avec la corète potagère (adémè). Les deux dernières années, je n’ai rien eu, et là, ça pousse. Je croise les doigts et fait ce que j’ai à faire pour voir si cette année, je pourrai faire de la sauce avec mes propres adémè. Héhé.

Pour la leçon ici, c’est que dans la vie, certaines choses ne marchent pas du premier coup. D’autres même ne marchent pas au 2e, 3e et 4e coup. Mais ce n’est pas une raison pour ne pas réessayer. Parce que, lorsqu’on persévère, on peut être agréablement surpris.

3- Ne cultive que ce dont tu as besoin. Ce n’est pas parce que tu peux l’avoir que tu en as besoin.

Cette année, forte d’un potager réussi l’année dernière, je me suis lancée dans l’expansion de ce dernier. Je voulais tenter de faire pousser toutes sortes de légumes.

J’ai donc planté les classiques tomates, courgettes, épinards, poivrons, carottes que j’adore. Mais en plus, j’ai planté des laitues de toutes sortes. Mesclun, roquette, batavia, etc.

Sauf qu’on est pas des bouffeurs de laitue dans cette maison. Du coup, j’étais contente d’en avoir, mais au final, ils sont juste entrain de crever ou de monter en graines parce qu’on ne les mange pas.

Ce qui fait qu’en vrai, j’ai gaspillé du temps et de l’énergie à faire pousser, désherber, arroser et protéger des limaces, un truc dont on avait pas besoin. Ce soir, je vais les cueillir et les offrir aux voisins. En espérant qu’ils aiment la laitue eux. Au moins comme ça, ce ne sera pas entièrement du gâchis.

Et l’année prochaine, on ne m’y reprendra plus.

Pour la leçon de vie, c’est que malgré la possibilité qu’on puisse tout avoir, on a pas besoin de tout avoir. Il y a des choses qui ne sont juste pas indispensables dans nos vies. Les avoir, ne les rendra pas plus nécessaires. Ne pas les avoir est donc une meilleure option.

4- Fais attention à qui sont tes compagnons.

Il y a certaines plantes qui plantées l’une à côté de l’autre vont se protéger mutuellement, et d’autres qui vont carrément tuer la plante à côté. En permaculture, l’art de savoir quelle plante mettre ensemble ou pas, est appelé le compagnonnage.

L’oignon planté à côté de la carotte va chasser les mouches de la carotte. La capucine quant à elle, plantée avec d’autres plantes va attirer les pucerons, qui vont laisser en paix courgettes, choux et tomates.

La pomme de terre en revanche, plantée à côté de la tomate et des haricots verts (c’est l’erreur que j’ai fait la première année) va les faire crever.

C’est drôle mais les plantes, au final c’est comme les êtres humains. En compagnie de certaines personnes, on s’épanouit, on est au meilleur de soi même, on brille. Alors que d’autres nous bouffent de l’énergie et nous tuent à petit feu.

Cela ne rend pas cette deuxième catégorie de personnes, mauvaises. C’est juste qu’elles ne sont pas faites pour être dans tes parages. Paradoxalement, pour d’autres, elles seront vivifiantes. That’s fucking life. Dans tous les cas, plante toi avec les gens qui te font du bien.

5- Le vrai goût des fruits et des légumes.

Avant, je détestais manger de la tomate crue. Je trouvais ça aigre ou insipide. Mais depuis que je fais pousser mes propres tomates, j’ai découvert que les tomates en vrai sont sucrées, juteuses et délicieuses. Que leur goût se suffit à lui même.

C’est pareil pour les fraises, les framboises, les myrtilles, les carottes, les courgettes, les épinards, etc, etc.

6- On n’obtient rien sans travail

Lorsqu’on voit un beau potager, on imagine difficilement le travail que le jardinier a dû faire en amont. Entre préparation du sol, semis, mise en terre des plants, désherbage (l’horreur), l’arrosage, protéger les plants des ravageurs (limaces, escargots, arrrrgh), etc etc, le travail à fournir est énorme.

Mais quand on peut enfin déguster les fruits de sa récolte et la satisfaction qui découle du fait d’avoir réussi ça tout seul, on oublie tout la souffrance et la frustration qu’il y a eu en amont. Hahaha.

7- Ne pas oublier de profiter des fruits de son travail.

Cette année, j’étais tellement occupée à penser/faire autre chose que j’ai oublié de récolter mes épinards. Le temps de m’en rendre compte, elles ont monté en graines et tout le travail que j’ai fourni en amont était perdu.

Pour la leçon de vie, il s’agit de se rendre compte qu’il est important de ne pas se laisser submerger par des pensées/choses/circonstances qui sans nous en rendre compte, nous empêchent de profiter des fruits de notre labeur ou nous font passer à côté de choses importantes. Et parfois, il y a des opportunités qui, malheureusement, ne reviennent plus une fois qu’elles sont passées.

Maintenant, il fait trop chaud pour que je resème des épinards. Il va falloir que j’attende septembre.

8- En vrai, certaines choses ne meurent pas.

J’ai remarqué ça avec mes capucines. Je les ai planté il y a 3 ans, et malgré le froid, la chaleur, les ouvriers qui les ont piétiné et tué en montant le mur de clôture, elles reviennent à chaque fois à la vie.

Dans la vie, il y a certaines relations qui sont comme ça. Par exemple, j’ai une amie avec qui on s’était fâché il y a 7 ans. On s’est dit et fait des choses qui ont blessé l’autre et pendant 7 ans, on ne s’est pas adressé la parole. Jusqu’au jour où une de nos amies commune en a eu marre et nous a rabiboché le jour de son anniversaire.

Le jour où on s’est reparlé, c’est comme si la dernière fois qu’on s’était vu et parlé, c’était la veille. Rien n’était mort. Absolument rien. En plus, on s’est rabiboché au téléphone.

Ce soir là, on a parlé au téléphone de 22h jusqu’à 6h du matin. Rien n’avait changé. Absolument rien. A part le fait qu’on avait grandi, qu’on savait mieux communiquer et que notre embrouille était dû à un manque de compréhension. Mais rien n’était mort. J’étais trop surprise de me rendre compte ce soir que je l’aimais tellement, malgré tout ce temps. Que malgré tout, je ne pouvais pas ne pas l’aimer.

Du coup, même si des ouvriers de chantier marchent et écrabouillent mes capucines avec leurs grosses chaussures (putain ça m’a trop vénère le jour là), je sais qu’elles repousseront. Et c’est pareil dans la vie.

Aujourd’hui, j’ai l’assurance que certaines idées/opportunités/relations/habitudes ne sont détruites qu’en surface. Malgré le fait qu’on les ai négligé, délaissé, sacrifié pour d’autres choses, abandonné, les racines sont toujours vivantes et bien ancrées, et n’attendent que la bonne occasion ou la bonne saison pour refleurir. Le miracle de la vie en somme.

9- Si une chose ne marche pas, cherche à comprendre pourquoi et change de perspective/méthode/technique.

Ce point complète le point 2.

L’année où j’ai raté ma culture de haricots verts, je les ai planté à côté des pommes de terre, d’aubergines et d’oignons. Le problème, c’est que tous les 3 étaient de mauvais compagnons. Et chose logique, ils ont pris le dessus sur les haricots verts.

C’est en voulant comprendre pourquoi les haricots verts étaient morts que j’ai découvert le compagnonnage des plantes. Je ne connaissais pas du tout avant.

L’année qui a suivi et cette année 2020, j’ai planté les haricots verts sans rien autour, si ce n’est de la capucine. Et elles produisent de fou.

Avec mes adémè, c’est pareil. Je les plantais trop tôt et ils ne poussaient pas, parce qu’ils n’aiment pas du tout le froid. Cette année, je les ai planté en juin, les arrose abondamment (putain ça bouffe de l’eau) et là, ça pousse.

Dans la vie, c’est pareil. On peut éviter un potentiel échec en changeant de perspective, de méthode ou de technique.

10- Il n’y a pas de plus grand plaisir dans la vie que celui de donner. Et de recevoir.

L’avantage d’avoir un potager, c’est qu’on produit ses propres fruits et légumes. Mais il y a encore mieux que le plaisir de manger ses propres produits, c’est celui de le partager avec les autres.

Ici, entre voisins, on se donne des légumes qu’on a en surplus ou que l’autre ne cultive pas, et vice-versa. Ça me fait toujours un drôle d’effet, genre immensément plaisir, lorsque je reçois un panier de fruits ou de légumes d’un voisin.

Et j’adore offrir des cagettes de fruits et de légumes, de la confitures, des conserves de tomates confites et haricots verts venant de mon jardin à ma famille, à mes mes copines et aux voisins. C’est juste whaou le sentiment qui en découle.

Avez-vous un potager? Qu’est-ce qu’il vous a appris?